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Les Nâdis

Canaux – Conduits – tubes

Les nâdis seraient composés de 3 couches successives, tout comme l’isolation d’un fil électrique ; la couche interne se nomme en sanskrit « Sirâ », la couche du centre « Damânî » et l’organe tout entier ainsi que la couche externe se nomme « nâdi ».

Les nâdis sont répandus dans l’ensemble du corps et peuvent être comparés ou se rapprocher des méridiens d’acupuncture.

Les textes sanskrits évoquent 72000 nâdis, tous destinés à faire circuler l’énergie dans l’organisme, c’est-à-dire l’influx nerveux, cependant les nâdis ne sont pas les nerfs, ni les artères, ni les veines. Ils sont des conducteurs de l’énergie vitale, prâna.

Parmi les 72000 nâdis qui servent de canaux du prâna, dix d’entre-eux sont étudiés, dont voici la liste et les zones ou les portes par lesquelles ils opèrent :

Nous autres occidentaux devrions retenir les 3 nâdis principaux, Idâ, Pingalâ et Sushumnâ.
Ces nâdis véhiculent en permanence le prâna et sont représentés par les aspects suivants :

Sushumnâ le plus essentiel traverse le corps de part en part depuis l’anus jusqu'à la couronne des cheveux au travers de la colonne vertébrale (merudanda).
Idâ part de la narine gauche tandis que Pingalâ part de la narine droite, tous deux très importants notamment dans le pranayama (exercices respiratoires en Yoga véhiculant l’énergie), d’où l’énergie descend le long de la colonne, l’un par la gauche, l’autre par la droite, pour rejoindre l’origine commune des nâdis, kandha se trouvant au niveau du sacrum sous la forme d’un œuf.

Les nâdis coïncident avec les chaines orthosympathiques et la moelle épinière. Les nâdis du yoga et le système orthosympathique travaillent ensemble de même que la psyché travaille avec les composantes physiologiques.

Sushumnâ et le vaisseau gouverneur en acupuncture présente une certaine analogie, un flux d’énergie partant de la pointe du coccyx remontant la colonne vertébrale pour atteindre un point au sommet de la tête puis redescend vers le nombril. Le prâna traverse la sushumnâ du plexus pelvien à brahmâ randhra (espace inter-hémisphèrique) qui se trouve à l’intérieur de l’axe de la cérébro-spinal.
Le Mûlhâdara chakra est le point de rencontre des 3 nâdis, et se nomme Yukta Triveni (Traduction du sanscrit, yukta : combiné – tri : trois – veni : flux).

Sushumnâ se divise en deux parties, l’une antérieure, l’autre postérieure et se rejoignent au sommet au niveau supérieur de l’espace entre les deux hémisphères, au niveau de brahmâ gupha (cave du bourdon) et andha kupa (puits aveugle ou dixième porte), la fontanelle,
Dans les textes anciens, il est dit que celui qui quitte son corps par la dixième porte est libéré du cycle de la mort et de la renaissance. Pratique réservée à quelques pratiquants qui observent une discipline de préparation de telle manière qu’à leur dernier souffle leur âme puisse traverser cette dixième porte et être libérée.

Les 3 nâdis principaux se rejoignant au niveau de Yukta Triveni, situé au niveau de mûlâdhara-chakra ; ces flux remontent en passant par chaque chakra jusqu’au 6e chakra, âjnâ (zone intérieure entre les sourcils), pour se rencontrer à nouveau et former un nœud doux (mukta : libéré) avec la sushumnâ. « Mukta ou libéré » car le yogi qui atteint ce niveau au travers de la montée d’énergie vers sushumnâ est au delà des éléments, et est en capacité de diminuer sa respiration. À ce stade, les courants lunaires et solaires parcourent la sushumnâ.

Ida est associée à la narine gauche, Ida contient l’énergie féminine, maternelle, la source de vie et véhicule les flux d’énergie lunaires.
Durant pranayma (exercices de respiration), on commence toujours l’inspiration (puruka) par la narine gauche pour stimuler Ida, favorisant la purification de l’organisme et facilitant la méditation.
Cependant lors de la pratique de surya bedhana pranayama, l’inspiration ou puruka débute par la narine droite.
Ida est de nature sattvika et si on le maintient en activité pendant le jour, dominé par l’énergie rajasika, on peut accroître le sattva et créer son propre équilibre, ainsi la détente s’accroît et le mental devient vif.

Ida est un nâdi manavahi, actif de jour. Son flux lunaire (chandra, la lune) est associé à la psyché.

Pingala correspond au canal de droite, de nature masculine, électrique, mâle, verbale et rationnelle, véhiculant des courants solaires contenant une énergie destructrice avec toutefois la qualité de purifier. Pingala par l’inspiration au début de l’exercice respiratoire aura pour impact de dynamiser le corps, le rendre vigoureux et fort, plein de vitalité et puissant.

La respiration permettant d’accroître ses qualités est surya bedhana pranayama où l’on inspire d’abord par la narine droite afin de stimuler pingala. Les qualités induites par pingala sont recommandées pour les activités physiques dures, mais également pour des débats et combats.

Pingala actif la nuit améliore la santé. La nuit le côté rationnel du cerveau prédomine, d’où l’activité des grands penseurs à la contemplation la nuit. « il est dit que lorsque la nuit règne sur les gens normaux, il fait jour pour les yogis »

Pingala est un nâdi plus actif durant le cycle descendant de la lune, donc de la pleine lune à la nouvelle lune, intervenant pendant 9 jours sur 15 au moment du lever et du coucher du soleil.
L’énergie redescend par pingala à partir du cerveau où la matière (oxygène et glucose) est transformée en énergie vitale (prana).

Celui qui est en mesure de maîtriser les nâdis peut atteindre les stades les plus élevés de la conscience.

Les Koshas

Pour répondre aux deux questions, qui suis-je et que suis-je, la première chose qui nous apparaît est notre corps physique, visible, tangible, et pondéral.

La philosophie indienne définie l’être en 5 couches allant de l’état d’être le plus subtil à sa manifestation la plus dense, nommées les koshas.

Les koshas

1. Annamayakosha, le corps physique.
2. Pranamayakosha, énergie vitale et Prana.
3. Manomayakosha, le mental, nos sens, émotions, pensées.
4. Vijnanamayakosha, la connaissance, la voix intérieure qui nous guide, l’intuition.
5. Annandamayakosha, l’âme, état de félicité.

Voyons ce que nous révèlent ces différentes couches qui nous caractérisent et quelles sont leurs rôles et importance dans notre vie.

Cette première couche provient de ce que nous absorbons, les aliments (solide), les boissons (liquide), l’oxygène (gazeux). Corps dense ou grossier.
Il est aussi l’héritage de nos parents, ancêtres.
Il est tonifié par les postures en Yoga ou tout activité physique.
Annamayakosha, notre corps physique est un processus dynamique ayant une forme dans laquelle les composantes changent à tous moments.

Cette couche est aussi nommée corps prânique, constituée par la totalité des énergies à l’œuvre dans notre organisme, le différenciant des objets matériels inanimés. Le corps prânique ou corps énergétique contient les 5 premiers chakras. Le prâna est l’énergie vitale contenue principalement dans l’air que nous absorbons sous forme d’ions négatifs qui sont de l’énergie à l’état pur. Aussi, le prâna nous pénètre également par ce que nous ingérons, nourrissant ainsi notre corps en lien avec notre santé. Le corps prânique existe sur plusieurs niveaux et agit comme un pont entre le corps physique et le corps mental/émotionnel. C’est par son intermédiaire que nos pensées se matérialisent sous forme d’actes. Les Yogis ont découvert que le prâna et la pensée sont intimement liés. Le prâna se dirige là où va la pensée.

Pranamayakosha est entre autres un processus impliquant la mise en action d’énergies en circulant dans les conduits nommés les nâdis qui correspondent à toutes les voies de circulations comme les vaisseaux, les nerfs, les méridiens… Les nâdis principaux sont aux nombres de 3 : le premier est Ida qui démarre de la base de la colonne remontant par la gauche étant de nature lunaire et féminin, le second Pingala remontant par la droite de nature solaire et masculin, tandis que le troisième est Sushumna, central remontant le long de la colonne vertébrale.
En yoga le but ultime du pranayama est de guider l’énergie prânique (nommée Kundalini) à travers Sushumna afin de la faire monter jusqu’au cerveau.

La pensée est capable d’accroître la quantité de prâna absorbée, de stoker le surplus et de le rediriger à volonté dans le corps. Le PRANAYAMA est la technique et la science pour atteindre cette maîtrise.

Cette couche ou ce corps mental contient nos facultés psychiques de perception du monde extérieur, nos instincts hérités de nos ancêtres, nos conditionnements acquis depuis notre naissance, notre mémoire accumulée, notre inconscient, pulsions, désirs refoulés etc.

C’est la couche la plus instable qui troublent les koshas inférieures et peut bloquer les koshas supérieures. Elle constitue notre psychisme en constante mouvance et comprend notre inconscient individuel, ainsi que tous nos instruments psychiques d’action.

Cette couche ou ce corps se structure autour du sens de l’égo, c’est le petit soi. Cette faculté individuelle qui nous fait prendre conscience que nous sommes des individus séparés des autres, le principe de l’individualisation, le « moi-je » auquel se rapporte toutes les expériences de la vie. C’est l’intellect, la raison, la conscience de nos actes.

Ananamaya Kosha est caractérisée par la félicité (Ananda) absolue attribuée à Jivatmann. Jivat en sanskrit se traduit par homme et Atman par âme ; nous avons donc une traduction approximative de « l’âme de l’homme ». C’est le Soi avec majuscule, le Spectateur caché, la Conscience pure.

Les 3 couches couches principales :

Annamayakosha, le corps physique.
Pranamayakosha, énergie vitale et Prana.

Manomayakosha, le mental, nos sens, émotions, pensées.
Vijnanamayakosha, la connaissance, la voix intérieure qui nous guide, l’intuition.

Annandamayakosha, l’âme, état de félicité.

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